
Démission sans plan B à Anglet : traverser l'incertitude

Carmen Rodriguez Palomero
Psychologue du Travail · Anglet
Ce que l'on ressent après une démission sans filet
Les premiers jours, tout semble presque léger. Puis un matin, le silence s'installe : plus de réunions, plus de messages, plus de rôle clair. Vous avez pris une décision réfléchie, ou dictée par l'épuisement, et pourtant une question tourne en boucle : « Et maintenant ? »
Ce que vivent souvent les personnes qui quittent un emploi sans plan B, c'est un mélange déroutant d'émotions contradictoires.
Les ressentis les plus fréquents
- Un soulagement mêlé de peur : le poids est tombé, mais le sol semble moins stable.
- Un sentiment de vide : les journées perdent leur structure, le temps paraît à la fois trop long et trop court.
- Une inquiétude financière qui peut surgir à n'importe quelle heure, y compris la nuit.
- Un doute sur la décision : « Ai-je fait une erreur ? » revient par vagues.
- Une perte de repères sur son identité : « Qui suis-je, si je ne suis plus ce poste ? »
- Une pression du regard des autres : questions de l'entourage, comparaison avec ceux qui semblent avancer.
Pourquoi l'incertitude pèse autant
Le travail n'apporte pas seulement un salaire. Il offre un rythme, des échanges quotidiens, un sentiment d'utilité et une manière de se présenter aux autres. Quand tout cela disparaît d'un coup, il est compréhensible de se sentir désorienté.
Par ailleurs, des travaux en psychologie suggèrent que ne pas savoir ce qui va arriver est, pour beaucoup de personnes, plus difficile à supporter qu'une situation défavorable mais connue. L'esprit cherche à anticiper et, faute d'information, il peut remplir les blancs avec des scénarios inquiétants.
Ce que vous traversez n'est pas un signe de faiblesse. C'est une réaction fréquente face à un changement de vie majeur.
Dans notre cabinet à Anglet, nous rencontrons régulièrement des personnes qui s'étonnent de ne pas se sentir « libérées » comme elles l'imaginaient. Cet écart entre l'attendu et le vécu est très courant, et il mérite d'être entendu sans jugement.
Retrouver des repères quand tout est ouvert
Sans cadre extérieur, il peut être utile de recréer un cadre intérieur, même modeste. Il ne s'agit pas de tout résoudre, mais de redonner un peu de prévisibilité à vos journées.
Trois repères que certaines personnes trouvent aidants
- Garder un rythme minimal : des heures de lever, de repas et de coucher relativement stables.
- Sortir chaque jour : une marche sur la plage des Cavaliers ou dans la forêt de Chiberta, par exemple, pour que le corps bouge et que le regard change d'horizon.
- Maintenir du lien : un café avec un proche, un appel, une activité collective par semaine.
Exercice 1 : la respiration 4-6 (environ 2 minutes)
Quand l'inquiétude monte, cet exercice peut contribuer à relâcher la tension physique.
- Asseyez-vous, les pieds à plat au sol, une main posée sur le ventre.
- Inspirez par le nez pendant 4 secondes.
- Expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes, comme si vous souffliez sur une bougie sans l'éteindre.
- Répétez 10 cycles, soit environ 1 minute 40.
- Observez ensuite, simplement, ce que vous ressentez dans votre corps.
Vous pouvez refaire une série deux ou trois fois dans la journée. Si cette respiration vous met mal à l'aise, arrêtez : elle n'a rien d'obligatoire.
Exercice 2 : les trois colonnes (10 minutes)
Prenez une feuille, réglez un minuteur sur 10 minutes et tracez trois colonnes :
- Ce que je sais : les faits (durée de mes ressources, compétences, échéances).
- Ce que je ne sais pas encore : les questions ouvertes, sans chercher à y répondre aujourd'hui.
- Ce que je peux faire cette semaine : une ou deux actions minuscules, par exemple appeler une personne de confiance.
Certaines personnes trouvent que cet exercice aide à distinguer les faits des scénarios imaginés. Le minuteur sert à éviter que l'écriture ne se transforme en rumination.
Ces outils ne remplacent pas un accompagnement, mais ils peuvent offrir quelques points d'appui en attendant d'y voir plus clair.
Quand consulter ?
Traverser une période de flou après une démission est fréquent. Certains signes invitent pourtant à ne pas traverser cela sans soutien :
- Des nuits agitées ou un sommeil perturbé depuis plusieurs semaines.
- Une inquiétude qui envahit la journée et vous empêche de vous concentrer sur autre chose.
- Un vide qui ne s'allège pas, avec la sensation d'avoir perdu le goût de ce qui comptait.
- Une culpabilité ou une honte liées à votre décision, qui reviennent sans cesse.
- Une difficulté à vous projeter, même à quelques semaines.
- Un repli progressif : vous évitez vos proches pour ne pas avoir à vous expliquer.
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces situations, c'est que vous vivez probablement quelque chose de très humain, et vous n'avez pas à le porter sans appui.
En tant que psychologue du travail, nous vous accueillons à Anglet pour mettre des mots sur ce que vous traversez, clarifier ce qui compte pour vous et explorer vos envies professionnelles, à votre rythme et sans pression. Nous ne promettons pas de résultat, mais un espace pour avancer avec plus de repères.
Par ailleurs, en cas de symptômes physiques inhabituels, il est recommandé d'en parler à votre médecin. Si des pensées sombres vous traversent, appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24h/24) ou le 15.


