
Angoisses du dimanche soir : ce que ressent votre corps avant le travail

Carmen Rodriguez Palomero
Psychologue du Travail · Anglet
Cette boule au ventre du dimanche soir, vous la connaissez
Il est 17h, le week-end touche à sa fin. Sans raison apparente, quelque chose change en vous. Une tension dans la poitrine, un estomac noué, parfois une irritabilité soudaine ou une difficulté à profiter de ce qui reste de la soirée. Vous n'êtes pas seul·e à vivre ça.
Ce phénomène, que certains appellent le "Sunday blues", est une expérience très répandue. Il ne s'agit pas d'une faiblesse ni d'un caprice — c'est votre système nerveux qui anticipe quelque chose qu'il perçoit comme une contrainte ou une menace.
Ce que le corps exprime concrètement
Les personnes qui vivent ces angoisses du dimanche soir décrivent souvent :
- Une oppression thoracique ou des difficultés à respirer profondément
- Des pensées qui s'emballent autour des tâches de la semaine à venir
- Une fatigue soudaine, alors qu'elles se sentaient bien quelques heures plus tôt
- Des troubles du sommeil le dimanche soir spécifiquement
- Une humeur qui s'assombrit progressivement au fil de l'après-midi
Ces signaux physiques et émotionnels ne surgissent pas par hasard. Ils traduisent souvent une tension entre ce que vous vivez au travail et ce dont vous avez besoin pour vous sentir bien.
« Mon corps savait avant ma tête que quelque chose ne convenait plus. » — une formulation que nous entendons régulièrement en consultation.
Observer ces signaux, c'est déjà commencer à vous écouter.
Comprendre ce que ce signal peut indiquer
Les angoisses du dimanche soir peuvent refléter des réalités très différentes selon les personnes. Il serait réducteur de les attribuer à une seule cause — et nous ne posons jamais de diagnostic à la place d'une rencontre clinique.
Mais certains contextes reviennent fréquemment chez les personnes qui consultent pour ce motif :
Des situations souvent associées à ces angoisses
- Une surcharge de travail perçue : la semaine qui arrive semble déjà trop lourde avant même d'avoir commencé.
- Un environnement relationnel tendu : un conflit non résolu avec un collègue ou un manager, une ambiance pesante.
- Un décalage entre vos valeurs et ce que vous faites : certaines personnes sentent confusément que leur travail ne leur correspond plus.
- Une difficulté à déconnecter : le week-end n'a pas vraiment été un repos — les mails, les pensées professionnelles ont continué.
- Une peur de ne pas être à la hauteur : le syndrome de l'imposteur, la pression de la performance.
Ces angoisses ne signifient pas nécessairement que vous devez changer de travail. Elles indiquent que quelque chose mérite d'être regardé de plus près, avec bienveillance et sans jugement.
Un exercice à essayer dès ce soir
Si vous sentez la tension monter un dimanche soir, voici un exercice de régulation simple :
La respiration 4-7-8 :
- Installez-vous confortablement, dos droit ou allongé·e
- Inspirez par le nez pendant 4 secondes
- Retenez votre souffle pendant 7 secondes
- Expirez lentement par la bouche pendant 8 secondes
- Répétez 4 fois de suite
Certaines personnes trouvent que cet exercice contribue à calmer le système nerveux dans les moments d'anticipation anxieuse. Il ne résout pas la source du problème, mais il peut vous aider à traverser le moment avec un peu plus de douceur.
Quand consulter un psychologue du travail ?
Parler de ces angoisses à un psychologue du travail, c'est choisir un espace où vous êtes entendu·e sans être jugé·e — et où vous pouvez explorer ce que ces signaux disent vraiment de votre situation.
Nous vous accompagnons à votre rythme, sans jamais brusquer. Notre rôle n'est pas de vous dire quoi faire, mais de vous aider à mieux comprendre ce que vous ressentez et à trouver des ressources qui vous correspondent.
Quelques signes qui peuvent inviter à consulter
- Les angoisses du dimanche soir durent depuis plusieurs semaines ou mois
- Elles commencent à empiéter sur votre samedi, voire sur toute la semaine
- Vous avez du mal à vous endormir ou à vous lever en semaine
- Vous ressentez une perte de sens ou de motivation durable
- Vous vous surprenez à redouter les interactions au travail
Il n'est pas nécessaire d'attendre d'être épuisé·e pour consulter. Venir tôt, c'est souvent se donner plus de marge pour explorer et agir.
Nous recevons en consultation à Anglet les personnes qui souhaitent comprendre leur rapport au travail, traverser une période difficile ou simplement mettre des mots sur ce qu'elles vivent. Prendre rendez-vous, c'est déjà prendre soin de vous.

